Le millepertuis et la préparation de son huile rouge

Avez-vous déjà vu ces jolies petites fleurs jaunes ? Elles foisonnent en ce moment dans les prairies et les endroits très ensoleillés, il s’agit du millepertuis perforé (Hypericum perforatum).

L’origine de son nom s’explique ainsi : « Pertuis » signifie « trou » en ancien français, donc « millepertuis », percé de mille trous. Elle est aussi appelée Herbe de la Saint-Jean, car traditionnellement, elle se cueille le 24 juin, jour de la Saint-Jean.

Utilisée pour ses vertus thérapeutiques depuis l’Antiquité, Dioscoride (médecin, botaniste et pharmacologue grec qui vécut au premier siècle de notre ère) la recommandait déjà dans son traité De materia medica.

La plante est assez fine, mesure une cinquantaine de centimètres, ses fleurs ont 5 pétales et se regroupent en sommités fleuries.

En cas de doute, une simple façon de la reconnaître est d’observer ses feuilles face à la lumière. On remarque qu’il y a comme des petits trous, qui sont en fait des glandes translucides dans lequel se logent des huiles essentielles qui servent à la plante et qui peuvent aussi être utilisées pour leurs vertus médicinales.

C’est une plante qui a énormément de propriétés. Surtout connue pour ses vertus anti-dépressives, elle l’est effectivement si l’un de ses composants (l’hyperforine) est isolé et concentré.

En tisane, teinture-mère ou extrait sec du totum de la plante, le millepertuis sera très intéressant pour les affections de l’appareil respiratoire (catarrhes, inflammations des muqueuses, asthme …), mais également pour stimuler la détoxification hépatique. Enfin, il a un grand effet sur le système nerveux, au point que Paracelse (médecin, philosophe et alchimiste du Moyen-Âge) qualifiait le millepertuis d’Arnica des nerfs.

Pour toutes ces indications, consultez un professionnel de la santé pour vous aiguiller! 🙂

Enfin, sous forme de macérât-huileux, il est formidable pour les petites brûlures, les coups de soleil, les contusions, et les irritations de la peau.

Qu’est-ce qu’un macérât-huileux ?
Une huile dans laquelle on aura fait macérer les parties d’une plante qui nous intéressent pour ensuite en faire une application cutanée. 🙂

Macérât-huileux de millepertuis

Je vous propose donc de partir à la cueillette de boutons de fleurs de millepertuis, puis de les laisser sécher 2-3 jours pour éviter les moisissures dans la préparation. On prendra essentiellement les boutons.

Une fois que l’eau sera évaporée, on pourra les faire macérer dans de l’huile d’olive pendant 40 jours au soleil (la chaleur est nécessaire pour que cela infuse), mais il faudra protéger l’huile des rayons UV en couvrant le bocal d’un tissu et si possible utiliser un récipient en verre de couleur opaque.

Il suffira de remuer avec une cuillère en bois de temps en temps et vous verrez que petit à petit, l’huile prendra une teinte rouge. En effet, les étamines à l’intérieur du bouton sont de couleur pourpre et donneront une teinte rouge à l’huile. Lors de la cueillette, vous pouvez tester en écrasant un bouton entre vos doigts.

Au bout de 40 jours, il suffira de filtrer et vous aurez votre macérât-huileux prêt à l’emploi. Je vous rappelle ci-dessous ses vertus:

Propriétés du macérât-huileux de millepertuis (huile rouge)

Le macérât huileux de millepertuis soigne les coups de soleil, les brûlures légères, les irritations et rougeurs cutanées (même chez le nourrisson, l’érythème fessier). Il est cicatrisant (petites plaies) et a une action anti-inflammatoire percutanée (contusions, douleurs musculaires et articulaires).
Il constitue une excellente base de massage pour les muscles mis à l’épreuve par les sportifs (avant et après l’effort) et peut être mélangé à des huiles essentielles.
Un massage des pieds avec cette huile rouge facilite souvent l’endormissement.

Attention : Par précaution, il est préférable de ne pas l’appliquer sur la peau avant de s’exposer au soleil (risque de photosensibilisation).

Pour cette année, elle n’est pas encore prête, mais je vous mets une photo d’une bouteille de l’année passée pour vous montrer cette belle couleur rouge.

Essayez et donnez-moi des nouvelles! 🙂

Pour des conseils personnalisés, contactez-moi, et merci de partager l’article sur vos réseaux sociaux s’il vous a plu ! 🙂

 

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2 réponses sur “Le millepertuis et la préparation de son huile rouge”

  1. bonjour, j’ai essayé de faire un macérât de millepertuis après avoir lu votre recette, mais voilà l’huile est verte et pas rouge. je suis sure que c’est bien du millepertuis perforé, donc pourquoi? par contre j’ai mis quelques feuilles avec peut être que je n’aurai pas du. Est ce que je dois le jeter? merci

    1. Bonjour Dominique,
      Il y a plusieurs raisons possibles: 1) il n’y avait peut-être pas assez de bourgeons proportionnellement à la quantité d’huile; 2) l’huile d’olive utilisée était peut-être très verte, et du coup, les pigments du millepertuis n’ont pas suffi à en changer la couleur, mais dans ce cas, elle devrait tout de même avoir une teinte un peu orangée; 3) peut-être en effet que si la proportion de feuilles était trop grande, cela n’a pas aidé; et enfin, 4) peut-être que des moisissures se sont développées si le macérât a été filtré un peu tardivement. Le mieux serait d’en voir une photo 🙂
      Bon week-end!

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